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Volume 11 numéro 1 (2014)

L'infirmière clinicienne

Article de réflexion

L’intégration des savoirs infirmiers pour une pratique compétente en soins critiques : quelques pistes de réflexion

Daniel Milhomme, Johanne Gagnon et Kathleen Lechasseur

Le concept de compétence est largement discuté dans la littérature, et ce par différentes disciplines. Malgré tout, aucun consensus ne se dégage quant à sa définition et quant à son intégration dans la pratique professionnelle. Par ailleurs, plusieurs auteurs traitent de l’évaluation des compétences ou des standards dénotant une pratique compétente, mais peu d’entre eux portent leurs réflexions sur les infirmières œuvrant dans un contexte de soins critiques. Étant donné la complexité des situations rencontrées sur ce type d’unités de soins, les infirmières doivent impérativement avoir recours à la technologie afin d’assurer une surveillance clinique adéquate des patients. Par contre, elles doivent aussi être en mesure de mobiliser les différents savoirs dans le cadre de leur pratique, ce qui a pour effet de tisser un lien avec la compétence. C’est à la lumière de certains écrits en sciences infirmières et en sciences de l’éducation qu’une nouvelle définition de la compétence en soins critiques est proposée. Afin de mieux comprendre comment les savoirs infirmiers contribuent à une pratique compétente en soins critiques, cet article met en parallèle les savoirs infirmiers, décrits par Chinn et Kramer (2008) à partir des travaux de Carper (1978) et de White (1995), puis actualisés par Lechasseur (2009), avec une mise en situation de soins critiques. Il en découlera finalement une meilleure compréhension du rôle que les différents savoirs infirmiers peuvent jouer dans le cadre d’une pratique compétente en soins critiques.

Mots-clés : Compétence, pratique compétente, savoirs infirmiers, surveillance clinique, soins critiques

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Revue des écrits

La certification canadienne des infirmières de soins intensifs; favoriser le développement personnel pour améliorer la santé psychologique au travail

Geneviève Beaudoin,  Marie Alderson et Lyne St-Louis

Les unités de soins intensifs sont des milieux de travail qui génèrent, de par leur structure et la complexité des situations de santé rencontrées, un stress physique et psychologique chez les infirmières. Par conséquent, ces unités sont aux prises avec des niveaux élevés d’absentéisme pour cause de maladie ou d’épuisement. De plus, elles peinent à attirer et à retenir leurs infirmières. Pour y remédier, il semble que le développement de structures de soutien et de développement pour les professionnels soit une source de satisfaction et d’empowerment pour les professionnels. La certification canadienne dans une spécialité infirmière est un processus de validation des connaissances théoriques qui amène les professionnelles à développer leur savoir et leur jugement clinique. Plusieurs études ont démontré que ce processus de certification nationale avait une influence sur la perception de satisfaction, d’autonomie, de confiance et de pouvoir chez les infirmières. La certification pourrait donc, si les milieux en supportent la démarche tant par des ressources matérielles que cliniques, s’avérer être un outil primordial pour favoriser la santé psychologique des infirmières de soins intensifs. Une revue critique de cinquante-neuf écrits a été réalisée pour explorer les impacts de la certification au niveau des professionnels, des patients et des organisations rapportés dans des articles nord-américains publiés entre 2001 et 2013. Ultimement, cette revue pourrait permettre de justifier la mise en place de projets de soutien à la certification et, par conséquent, favoriser la santé psychologique des infirmières œuvrant aux soins intensifs. 

Mots-clés : Certification, soins intensifs, infirmière, santé psychologique

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Article clinique

Interventions infirmières pour la gestion de la douleur procédurale en milieu pédiatrique

Paule Jubinville, Sylvie Le May, Sylvie Charette et Jacinthe Lachance Fiola

En contexte hospitalier, les enfants sont sujets à de nombreuses procédures douloureuses, sans recevoir systématiquement un soulagement optimal de leur douleur. Un manque de connaissances des infirmières ainsi qu'un manque de collaboration entre les membres de l'équipe de soins, mais aussi entre l'équipe et la famille peuvent expliquer ce phénomène. L'infirmière peut grandement influencer la gestion de la douleur lors des procédures douloureuses pédiatriques. Des interventions pour la gestion de la douleur procédurale ont été développées et mises en place auprès d'infirmières d'un programme de chirurgie trauma d'un centre hospitalier pédiatrique. La principale intervention consistait en une activité de formation sur la douleur accréditée développée selon l'approche par compétences et basée sur les besoins d'apprentissage de l'équipe de soins. Les deux compétences à la base de la formation étaient « Exercer un jugement clinique » et « Agir avec humanisme ». En complément, l'équipe de soins a bénéficié de trousses de distraction, d’un algorithme décisionnel, d’affiches et d’un cartable de ressources. Un questionnaire sous forme d'autoévaluation a été développé afin d'évaluer le sentiment de maîtrise des participantes face à des indicateurs en lien avec les deux compétences à la base des interventions. Les résultats montrent une amélioration du sentiment de maîtrise pour la compétence du jugement clinique (p= 0,000) ainsi que pour les soins humanistes (p= 0,002). L'intervention a suscité un intérêt positif chez les participantes. Dans cette perspective, des groupes de travail seront mis en place afin de transférer les nouvelles connaissances acquises lors de la formation, dans la pratique clinique quotidienne des infirmières.

Mots-clés : Procédures douloureuses, douleur procédurale, pédiatrie, chirurgie, formation, infirmières

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