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Volume 8 numéro 2 (2011)

L'infirmière clinicienne

Article historique

Aperçu historique. Les pratiques nursing dans le traitement des maladies nerveuses et mentales à l'Hôpital Saint-Jean-de-Dieu

Marie-Claude Thifault

L’art de prendre soin des aliénés se développe à l’Hôpital Saint-Jean-de-Dieu, alors qu’en 1912 une école de gardes-malades y voit le jour. Créée par les Sœurs de la Providence, cette nouvelle école participe à la transformation de l’asile en véritable hôpital. Les religieuses, responsables du service hospitalier, veillent à récuser l’ancienne image d’une garderie pour les malades mentaux en introduisant une pratique professionnelle de soins infirmiers au sein de l’institution. Cet article s’intéresse à la première école de gardes-malades au Québec spécialisées dans le traitement des maladies nerveuses et mentales. L’initiation aux soins infirmiers à Saint-Jean-de-Dieu s’impose comme une manifestation d'avant-garde de la part des Sœurs de la Providence, soucieuses de donner aux étudiantes-infirmières une formation scientifique à la fine pointe des connaissances médicales en médecine mentale. Cet aperçu historique sur les soins infirmiers met en lumière les approches thérapeutiques développées pendant un demi-siècle à Saint-Jean-de-Dieu dans le but de contribuer à l’élimination de préjugés, toujours enseignés dans les universités québécoises, voulant que les hôpitaux psychiatriques, jusque dans les années 1960, n’aient été que des lieux d’hébergement.

Mots-clés : Histoire, école d’infirmières, psychiatrie, traitements

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Article de recherche

Relation entre le niveau socioéconomique et la santé mentale des adolescents en milieu urbain de Kinshasa

Erick Mukala Mayoyo

Les adolescents peuvent présenter des problèmes de santé mentale liés à la pauvreté. À travers cette étude, nous avons cherché à examiner s'il y avait un lien entre le niveau socioéconomique des parents et la capacité de résilience et l’estime de soi des adolescents vivant en milieu urbain de Kinshasa. L’entrevue dirigée, face à face facilitée par un questionnaire et des échelles de mesure réalisée auprès de 152 adolescents sélectionnés dans les communes de Ngiri-Ngiri et de Gombe a été utilisée comme méthode de collecte des données. Les résultats établissent l’existence d’un lien significatif positif (p < 0,01) entre le niveau socioéconomique des parents et la capacité de résilience chez les adolescents. Il existe également une relation positive significative sur le plan statistique (p < 0,01) entre le niveau socioéconomique des parents et l'estime de soi des adolescents. Les résultats obtenus indiquent l’intérêt d’améliorer le niveau socioéconomique des parents congolais, spécialement celui de ceux vivant à Kinshasa, en vue de prévenir les problèmes de santé mentale des adolescents. La complexité du problème relevé invite à une intervention concertée entre les infirmier(e)s, les autres professionnels de santé et les détenteurs des pouvoirs de décisions et politiques.

Mots-clés : Parent, adolescent, statut socioéconomique, résilience, estime de soi, milieu urbain, santé mentale, Kinshasa

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Article de réflexion

L'intervention auprès des personnes ayant une problématique de santé mentale : une réflexion sur les défis à relever dans la pratique infirmière

Claire Page et Frédéric Banville

Le système de santé québécois a fait un grand pas en intégrant la majorité des services de santé mentale dans les services de santé généraux. Ainsi, la vulnérabilité des personnes aux prises avec des troubles mentaux interpelle quotidiennement l’infirmière1 quel que soit son milieu de pratique. Ceci force l’ensemble des infirmières à mieux positionner leur rôle auprès de cette clientèle et à changer leurs pratiques. La nature et l’ampleur des besoins en santé mentale présentent des défis cliniques majeurs. Il va de soi que les demandes d’aide variées que présentent les personnes ayant des problèmes de santé mentale et celles leurs proches requièrent des connaissances de base ainsi que des habiletés d’évaluation et d’intervention. Mais, fondamentalement, il demeure qu’un accueil attentif et respectueux de la personne en toutes circonstances, et particulièrement en situation de crise, s’avère absolument essentiel. Les auteurs sont d’avis qu’un engagement accru de la part des infirmières au plan de l’intervention psychologique pourrait avoir un impact important sur la santé mentale de milliers de personnes. Ceci se justifie, entre autres, par le nombre et la présence importante des infirmières, tant dans les services de la santé que dans les milieux de vie de la population. En ce sens, ils souhaitent partager leurs réflexions sur les défis qui s’adressent à l’ensemble des infirmières et infirmiers en considérant les besoins et la vulnérabilité des personnes présentant une problématique de santé mentale.

Mots-clés : Santé mentale, besoins, vulnérabilité psychologique, soins infirmiers

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Article de recherche

Exploration des stratégies d'empowerment au travail d'infirmières d'une région isolée du Québec

sonia Leblan et Hélène Sylvain

L’épuisement professionnel est un problème majeur de santé au travail chez les infirmières. Certains facteurs dans l’environnement du travail, notamment la lourdeur soutenue de la tâche et le peu de pouvoir des infirmières au travail sont reconnus comme contribuant au problème. Dans cette perspective, plusieurs écrits scientifiques suggèrent que l’empowerment au travail représenterait une stratégie pertinente face à la détresse psychologique. Toutefois, peu d'études se sont intéressées à la perception des infirmières quant aux stratégies y étant les plus favorables et encore moins dans des régions où le volume de professionnels de santé est assez réduit. Cet article présente une recherche qualitative ayant pour but d’explorer les stratégies d’empowerment au travail des infirmières, selon leur perspective. Le devis d’évaluation constructiviste a été retenu pour guider cette recherche à laquelle dix infirmières reconnues par leurs supérieurs et leurs pairs pour leurs manifestations d’empowerment au travail ont participé. La collecte des données s’est déroulée en trois phases, soit un groupe de discussion, six entrevues individuelles et une seconde entrevue de groupe. Les thèmes identifiés en tant que facteurs d’influence de l’empowerment au travail s’inscrivent dans trois grandes catégories : les facteurs inhérents à la personne (confiance et autonomie), à la relation avec les autres (attitude au travail), et ceux inhérents à l’organisation (soutien, reconnaissance, accès aux opportunités d’apprentissage et formation). Ultimement, les résultats de la recherche pourraient contribuer aux stratégies d’attraction et de rétention des infirmières dans des milieux de soins en région éloignée.

Mots-clés : Empowerment, infirmières, travail, santé psychologique, stratégie

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