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Volume 9 numéro 1 (2012)

L'infirmière clinicienne

Revue des écrits

Intégration du retour postévénement en équipe de soins comme intervention favorisant la réduction du recours non planifié à la contention mécanique chez la clientèle âgée en CHSLD

Josée Ferland, caroline Larue, Louise Francoeur et Anne Bourbonnais

L'utilisation de la contention mécanique chez la personne âgée entraîne des effets négatifs, autant sur le plan physique que psychologique, qui sont bien documentés. Malheureusement, bien que la législation régissant les services de santé stipule que l’utilisation de la contention doit être minimale et que l’on ne doit y avoir recours que dans des situations exceptionnelles, il a été constaté que l’utilisation des mesures alternatives à la contention n’a pas atteint son niveau optimal en CHSLD, qu’il y a encore beaucoup de mesures de contention qui sont utilisées à mauvais escient et qu’il reste encore un travail important à faire afin que tous les intervenants aient une définition uniforme de ce qu’est la contention et de ce que signifie « mesure de dernier recours ». Au Québec, lorsque survient une situation non planifiée où l’application d’une contention pourrait être indiquée, l’infirmière est souvent la seule professionnelle habilitée à décider de l’utilisation de la contention sur les horaires de travail de soir, de nuit ainsi que la fin de semaine. Le processus décisionnel de l’infirmière est alors influencé par divers facteurs, qui doivent être pris en compte dans l’élaboration d’un programme de réduction de l’utilisation de la contention en CHSLD. Le but de cet article est de présenter une proposition d’intervention sur l’utilisation de la pratique réflexive, sous forme de retour postévènement, à la suite de l'installation non planifiée d'une contention mécanique chez la personne âgée en CHSLD comme intervention favorisant l’utilisation de la contention en dernier recours seulement.

Mots-clés : contention mécanique, débriefing, pratique réflexive en équipe, personnes âgées

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Article de réflexion

Enjeux contemporain de la formation infirmière francophone en situatin minoritaire à Ottawa (Ontario) : Découvrir le contexte sociopolitique plus large d'un problème microlocal

Hélène Laperrière

À l’Université d’Ottawa (Ontario), nous observons que les étudiants dans le programme francophone en sciences infirmières proviennent de plus en plus d’immigrations récentes et de minorités visibles. Les professeurs francophones confrontent le défi de former cette diversité d’étudiants avec des connaissances théoriques uniformisées pour répondre aux compétences nationales d’entrée à la profession, tout en les soutenant dans leur insertion à la société canadienne. Une compréhension approfondie des enjeux dans la formation francophone infirmière en situation minoritaire est essentielle. Il faut d’abord regarder le contexte sociopolitique plus large pour découvrir toute l’ampleur du problème microlocal. Premièrement, il y a les trajectoires migratoires des infirmières vers les pays plus prometteurs, comme les États-Unis et le Canada. Deuxièmement, les politiques d’immigration canadiennes incitent des professionnels francophones à quitter leur pays pour se rendre vers des possibilités d’améliorer leurs conditions socioéconomiques. Bref, nous vivons une tendance mondiale où beaucoup immigrent vers les pays plus riches en s'orientant vers la formation infirmière et médicale comme forme d'intégration à un marché du travail. Troisièmement, dans ce contexte sociopolitique particulier, la recherche sur la formation infirmière exige des innovations méthodologiques pour mieux cerner le micro-problème à partir du point de vue étudiant immigrant et de minorités visibles. Nous voulons partager notre réflexion critique sur les enjeux de cette nouvelle problématique. Enfin, nous présentons un « cas exemplaire » sur la manière dont nous l’avons travaillé empiriquement avec l’utilisation de la recherche-action et du théâtre communautaire pour sa délibération publique

Mots-clés : Infirmière, formatin clinique, formation professionnelle, francophone en situation minoritaire, minorités, immigration

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Article de réflexion

Le cyberapprentissage et la réflexion historique au service de la formation infirmière

Marie-Claude Thifault et Cynthia Toman

Cet article de réflexion partage une expérience novatrice en formation infirmière. Spécifiquement, il s’agit d’un projet pédagogique né de la pertinence d’intégrer un cours d’histoire dans la formation des infirmières anglophones et francophones de premier cycle. C’est sous forme d’un cours en ligne qu’Histoire des soins infirmiers au Canada propose à la fois un contenu exhaustif sur l’histoire des soins infirmiers et plusieurs activités didactiques exploitant les nouvelles technologies de communication. Après trois ans, huit cohortes de groupes anglophones et francophones et près de 200 étudiantes initiées à la réflexion historique, nous considérons pertinent d’analyser de façon plus pragmatique les avantages et le potentiel de ce concept dans le cadre de la formation des futures professionnelles de la santé. Cela dit, notre exposé a pour objectif de démontrer les avantages du cyberapprentissage pour étudier l’histoire des soins infirmiers et développer les savoir-faire que doivent maîtriser les candidates engagées dans des études universitaires, c’est-à-dire les habiletés intellectuelles favorisant le développement d’un esprit critique qui s’appuie sur une argumentation sérieuse et bien documentée. Il nous intéresse tout particulièrement de jauger l’influence des connaissances historiques dans l’élaboration d’une réflexion critique (Historical Thinking) et la fonction identitaire de l’histoire dans la formation des étudiantes bachelières.

Mots-clés : Téléformation, réflexion critique, histoire, sciences infirmières

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Revue des écrits

L'expérience d'erreur professionnelle chez les infirmières oeuvrant dans les unités de soins intensifs adultes: une source de souffrance, mais également de construction identitaire

Mélanie Deslauriers, Marie Alderson, Chantal Caux et Lyne St-Louis

Les infirmières œuvrant aux soins intensifs adultes (SIA) s’acquittent de grandes responsabilités et doivent agir efficacement dans un contexte où l’acuité et la complexité des soins sont très élevées. Par conséquent, les erreurs survenant dans le cadre de cette pratique peuvent être d’une importante gravité (réelle ou potentielle) pour la santé des patients et de leur famille. Il s’avère aussi que ces expériences d’erreur peuvent affecter grandement la santé des infirmières qui les vivent. Cette présente recension d’écrits vise à faire le point sur l'état des connaissances et les enjeux qui concernent l’erreur professionnelle et ses effets sur la santé des infirmières œuvrant aux SIA. Elle vise également à fournir aux infirmières qui vivent des expériences d’erreur des pistes de réflexions et d’interventions favorisant un cheminement de construction identitaire dans la pratique. Le cadre théorique de la psychodynamique du travail est privilégié afin de structurer l’analyse des écrits en termes de sources de souffrance et de construction identitaire au travail, de stratégies d’action et de défense et, finalement, d'interventions et de nouvelles orientations. L’exploration du phénomène d’intérêt au moyen du cadre spécifique de la psychodynamique du travail met en lumière le lien significatif pouvant prévaloir entre l’expérience d’erreur vécue par les infirmières des SIA et la santé de celles-ci.

Mots-clés : erreur dans le domaine de la santé, soins intensifs, soins critiques et santé au travail

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Article clinique

Mise à l'essai d'une procédure d'autoélaboration des horaires de travail du personnel soignant à l'unité des soins intensifs-intermédiaires de l'Hôpital Sacré-Coeur de Montréal

Annie Gauthier, Marie Alderson et Mélanie Bérubé

La pénurie d’infirmières presse les gestionnaires du système de la santé à développer des solutions novatrices visant à créer des environnements de travail répondant le plus possible aux attentes et aux besoins du personnel infirmier et ainsi, attirer et retenir la main-d’œuvre qualifiée. Le défi est d’autant plus grand que les membres de la génération Y remettent en question les standards de recrutement et de rétention déjà établis. Avec plusieurs générations œuvrant dans les environnements de travail, les attentes et besoins face aux horaires de travail sont variés. Aux soins intensifs-intermédiaires de l’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal (HSCM), des modifications dans les horaires de travail sont souvent demandées par le personnel soignant. Malheureusement, ceci accroit le risque d’erreur de transcription dans les horaires et engendre de l’insatisfaction. En vue d’augmenter la satisfaction et de créer un environnement de travail répondant encore plus aux besoins et attentes des membres du personnel de l’unité des soins intensifs-intermédiaires de l’HSCM, une procédure d’autoélaboration des horaires de travail, développée à partir du « Self-Scheduling Model » de Vetter, Felice, & Ingersoll (2001), a été mise à l’essai. Au terme de cette intervention, réalisée dans le cadre du stage de maîtrise, une augmentation de la satisfaction en lien avec les horaires de travail ainsi qu’une diminution des demandes de modifications aux horaires ont été constatées. Une diminution du taux d’absentéisme est également attendue.

Mots-clés : Autoélaboration, horaires de travail, infirmières, satisfaction, rétention, générations

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Article clinique

Programme de suivi des familles endeuillées suite au décès de leur enfant (Programme SuDEDE)

Marie-Pierre Côté, France Dupuis, Geneviève Mercier

Au Québec, environ 50 enfants décèdent des suites d’un cancer chaque année, mais très peu de services sont mis en place pour offrir un suivi de deuil aux familles. Pourtant, l’accompagnement de ces familles afin de les aider à cheminer à travers leur processus de deuil semble essentiel. Afin de mieux soutenir ces familles, un programme de suivi de deuil, le Programme de suivi des familles endeuillées suite au décès de leur enfant, ou Programme SuFEDE, a été élaboré avec la collaboration d’infirmières en oncologie œuvrant dans un centre hospitalier pédiatrique et de familles endeuillées suite au décès d’un de leurs enfants. La collaboration de toutes ces personnes a permis de bâtir un projet novateur qui tente de répondre tant aux besoins des familles endeuillées qu’à ceux des infirmières qui les ont côtoyées tout au long de leurs traitements. Ce programme permettra de mieux aider les familles en deuil pendant la première année suivant le décès d’un enfant.

Mots-clés : famille, deuil, cancer, enfant, interventions infirmières

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